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Bien numériser une ancienne loco

 

Sous ce titre évocateur, il faut préciser plusieurs points essentiels :

Numériser (ou digitaliser, comme vous voudrez) une ancienne loco demande du soin et un minimum de précautions, la survie du futur décodeur en dépend.

En effet, bien que la transformation soit presque toujours possible, le principe général étant toujours le même, il va falloir déshabiller complètement tout le câblage d’origine de façon à séparer totalement les éléments suivants :

- les prises de courant sur les rails

- les connexions du moteur

- les circuits l’éclairage avant et arrière

Certaines locos sont équipées d’une platine circuit imprimé, d’autres d’un câblage en fils volants, Selon le cas les modifications seront plus ou moins simples mais accessibles à tout modéliste un peu soigneux. Dans tous cas, il est nécessaire que la loco à numériser soit en parfait état de marche.

La première précaution consisterait à relever le schéma électrique pour savoir exactement où couper ou tronçonner les pistes ou les fils existants

Encore une fois, il ne doit rester aucune liaison électrique entre le moteur, les deux prises de courant, et les feux avant et arrière, sinon, décodeur bobo !.

A ce stade, il faudra décider si cette transformation sera définitive, c’est à dire sans aucun retour prévu à la version analogique d’origine ou si au contraire, le mode mixte doit être préservé.

Dans ce second cas, il faudra prévoir l’installation d’une interface du type NEM 642 à huit broches.

Dans la version analogique d’origine, les locos sont équipées de diodes qui pourront sans problème être retirées, de même que les circuits antiparasites moteur comprenant condensateurs, selfs.

Si le retour à la version analogique est prévu, le câblage des diodes devra être modifié. En effet, le fonctionnement compatible analogique / numérique implique de modifier le montage des diodes, dont l’ancienne configuration est totalement incompatible avec le branchement d’un décodeur.

Ce point est très important car laisser les diodes branchées comme à l’origine peut détruire irrémédiablement les sorties du décodeur.

Alors, à quoi elles servent ce diodes ? Dans la version analogique d’origine, elles servent à laisser passer le courant dans un seul sens de façon à ce que les blancs et rouges ne s’allument que selon le sens de marche correspondant, c’est à dire blancs à l’avant et rouges à l’arrière.

A noter que les feux blancs avant sont branchés « en parallèle » avec les feux rouges arrière, ce provoque leur allumage simultanément tout en bloquant les blancs arrière et les rouge avant. Il en va de même pour l’autre extrémité de la loco.

Naturellement, si on inverse la polarité dans la voie, la loco change de sens de marche de même que les feux avant et arrière grâce, justement, aux diodes.

Jusque là, tout va bien tant qu’on reste en analogique. En numérique, pas besoin de diodes, c’est le décodeur qui se charge d’affecter ses sorties feux avant/arrière selon le sens de marche de la loco.

Pourtant, si on veut conserver le mode mixte (bouchon 8 broches / décodeur), il va falloir là aussi installer des diodes mais avec un branchement totalement différent. En effet, il faudra reconstituer un potentiel positif à partir de la voie, ce potentiel devenant le commun des feux, ce qui n’est pas le cas en analogique.

Pour mémoire, on se souviendra que les sorties accessoires, dont les feux (2, 3 et 6) d’un décodeur DCC classique, délivrent un potentiel négatif, le potentiel du retour commun est positif (7). On peut s’étonner de cette configuration mais il faut se souvenir que la norme NMRA est d’origine USA et que là-bas, le potentiel de masse, y compris sur certaines anciennes voitures, était autrefois positif !

Avant d’aller plus, ci-dessus le schéma de la configuration typique d’une loco analogique où les diodes servent à polariser les circuits des feux avant et arrière

Sur une loco à numériser, il faut tout déconnecter. Les croix indiquent là où il faut couper et les composants à supprimer : les diodes D1 et D2, les selfs L1 et L2 et le condensateur C1.

Pour la suite des opérations, les points numérotés correspondent aux connexions à établir pour raccorder le décodeur aux 7 fils de couleurs normalisés (le fil vert sortie AUX 1 est en attente).

Les couleurs normalisées pour les fils d’un décodeur à 8 fils type NEM 642 sont :

orange=1, jaune=2, vert=3, noir=4, gris=5, blanc=6, bleu=7, rouge=8.

Si on souhaite pouvoir retourner à la version analogique, il sera nécessaire de réaliser un « bouchon » à 8 broches qui prendra alors la place du décodeur.

A ce stade , les feux avant et arrière ne fonctionneront pas. Il suffira d’ajouter 2 diodes qui seront câblées de la façon indiquée sur le schéma ci-dessus.

A noter qu’avec ce montage, le fonctionnement restera entièrement compatible avec un décodeur ou avec un bouchon analogique.

Cette description fait appel à un décodeur 8 fils avec ou sans prise NEM 642 ou avec sorties sur fils souples.

La numérisation est possible avec d’autres types d’interfaces : 21MTC, PLUX 16-22, NEXT 18.

Le principe reste le même, mais en adaptant le câblage vers ces autres connecteurs.

La sortie 3 (AUX 1 fil vert) pas utilisée ici reste disponible pour permettre selon les besoins d’être affectée à une autre fonction comme par exemple le blocage des feux rouges du côté de la rame tractée.

Se référer dans ce cas à mon article :

https://ferrovelec.blogspot.com/2019/12/blocage-des-feux-rouges-arrieres.html?m=1

Bonne réalisation.

JMG